08 juillet 2007
Giacometti, La main

Alberto Giacometti.
31 mai 2007
Contre tout ce blog
"L'idée de "se réaliser" implique trop souvent que l'on porte en soi une originalité rare, incommunicable - le romantisme a beaucoup fait pour le succès de ce narcissisme immature."
Le Vigan in Eléments.
01 mai 2007
Nietzsche et le déplacement de l'art
"Ce que l'on doit apprendre des artistes. - [...] Car chez eux, cette force subtile qui leur est propre s'arrête d'ordinaire là où s'arrête l'art et où commence la vie ; mais nous, nous voulons être les poètes de notre vie"
Nietzsche, Le gai savoir.
16 mars 2007
Ethique
"Tous au fond de vous, au fond de vos coeurs, bien profond, vous avez tous un comptable, une montre, un petit paquet de merde."
ArIsTiDhA, en signature au bas de ses messages.
09 février 2007
Lost
Pourras-tu le faire I'M LOST
Pourras-tu le dire I'M LOST
Tu dois tout essayer I'M LOST
Tu dois revenir I'M LOST
Tu dois voir plus loin I'M LOST
Tu dois revenir I'M LOST
Egaré en chemin I'M LOST
Tu verras le pire I'M LOST
Pour trouver le sud I'M LOST
Sans perdre le nord I'M LOST
Après les certitudes I'M LOST
Au-delà des bords I'M LOST
I'm lost but I'm not stranded yet
I'm lost but I'm not stranded yet
Dans les yeux des femmes I'M LOST
Dans la marie-jeanne I'M LOST
Dans la techno-cité I'M LOST
Pour manipulés I'M LOST
Grand combat de chairs I'M LOST
Colline enflammée I'M LOST
Dans l'ombre ou la lumière I'M LOST
Pôle halluciné I'M LOST
Pour courir ventre à terre I'M LOST
Brouillard et fumée I'M LOST
Consommer consumer I'M LOST
Recracher de l'air I'M LOST
Dans le dérisoire I'M LOST
Dans les accessoires I'M LOST
Dans le feu des possibles I'M LOST
Au cœur de la cible I'M LOST
Dans la paranoïa I'M LOST
Dans la schizophrénia I'M LOST
Un maniacopéra I'M LOST
Pharmacopérave I'M LOST
I'm lost but I'm not stranded yet
I'm lost but I'm not stranded yet
Entre les dérapages
Entre les lignes d'orages
Entre temps entre nous
Et entre chien et loup
Au maximum du voltage
A peine est passé le message
Au fil du rasoir
Encore une fois c'est la vie qui s'entête
Acharnée au-delà des images qu'on reflète
Chacal, charogne, chaman, sachem
Magie noire ou blanche inscrite à la Sacem
Des poumons d'or
Belphégor
Ici, maintenant, à la vie, à la mort
N'oublie pas ton sourire pour ce soir si tu sors
Un jury t'attend n'injurie pas le sort
Entre les dérapages
Entre les lignes d'orages
Entre temps entre nous
Et entre chien et loup
Au maximum du voltage
A peine est passé le message
Au fil du rasoir
Dans les corridors I'M LOST
Sur les baies vitrées I'M LOST
Des insectes écrasés I'M LOST
Qui cherchaient de l'or I'M LOST
Dans les ministères I'M LOST
Dans les monastères I'M LOST
Dans les avalanches I'M LOST
Au bout de la planche I'M LOST
Des combats d'autorité I'M LOST
Des conflits d'intérêts I'M LOST
Des types ignifugés I'M LOST
Veulent ma fusée I'M LOST
Des désenchanteurs I'M LOST
Un train à quelle heure I'M LOST
Des pirates des corsaires I'M LOST
Sans aucun repaire I'M LOST
Tu dois voir plus loin I'M LOST
Tu dois revenir I'M LOST
Tu dois tout essayer I'M LOST
Tu dois devenir I'M LOST
I'm lost but I'm not stranded yet
I'm lost but I'm not stranded yet
Noir Désir, Lost.
07 janvier 2007
Erotisme
"Et je lui dis quelque chose à l'oreille, juste au milieu, entre les mèches blondes, folles et emmêlées de ses cheveux."
Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra.
"Edwarda étrangère, un ciel étoilé, vide et fou, sur nos têtes : je pensai vaciller mais je marchai."
Bataille, Madame Edwarda.
17 novembre 2006
Manifeste
Je vis pour l’porn, la vérité à nue
J'bande pour des gosses, frappés, violés, vendus
Et malgré ça j’gerbe sur les crimes mesquins
Des guerres, du beauf’ qui tire sur son voisin
Je hais l’médiocre, le moyen, le vulgaire
Dominique A, Néri, M, La Tordue, Sinclair
(Et puis, tant d’autres qui n’riment pas et qui pourtant auront des subventions et la faveur de la critique ou bien l’argent des producteurs et les faveurs du grand public)
Quant à choisir Mesrine ou Cyrano
Je prends Lacenaire, assassin, mégalo
Et à Pékin, j’s’rais sans doute interdit
Chantant les louanges d’la démocratie
Ce beau système qui a su créer
La Star Ac’, Mickaël Youn, Le Pen, ED l’épicier
Mais j’suis ici et j’vois les jeunes clochards
La guerre du Golfe, le tiers monde, les mitards
Et m’sieur Dupont votant pour son confort
Marchant vers l’urne en piétinant les morts
J’voudrais crever, crever
Pour tout linceul, un drapeau noir
J’voudrais crever, crever
J’le r’peindrais en bleu, blanc, rouge
J’aime pas l’noir
Partout l’opinion piétine la Vérité
J’entends jamais une phrase qui ne soit préjugés
Mais j’vois des moutons fiers de leurs lieux communs
Croyant savoir penser quand ils suivent comme des chiens
Je hais cette jeunesse qui bosse pour réussir
Les Sarko-Chevènement qui vivent pour interdire
Triomphe Bêtise, la presse est à tes pieds
Hommes vous êtes pire que nuls, vous êtes petits et laids (Et moi, moi, j’veux être Grand et Beau)
Et puis crever, crever
Pour tout linceul, un drapeau noir
J’voudrais crever, crever
J’le r’peindrais en bleu, blanc, rouge
J’aime pas l’noir
J’encule tous les ultra violents grégaires
Black block, skin-heads, caillera, ou militaires
Qui veulent nous faire croire que c’est en tapant
Qu’on s’ra p’t-être morts, mais plus intelligents
J’encule tous ceux qui peuvent pas les sacquer
Leur seule philosophie, c’est la lâcheté
Et j’sais d’quoi j’parle, c’est pour ça qu’je survis
Car seule la peur d’la mort compense le dégoût d’la vie
J’voudrais crever, crever
Pour tout linceul, un drapeau noir
J’voudrais crever, crever
J’’le r’peindrais en violet,
couleur du chakra coronal
Comme ça ça f'ra plaisir à ma maman, et puis aussi, ça f'ra plaisir à Richard Gere,
Et après, j'enculerai ma maman pendant qu'elle sucera Richard Gere
Je crois en l’art, et même en la culture
J’ai beaucoup d’mal ‘vec les cons purs et durs
Presqu’autant qu’avec ceux qui trouvent que l’art ça fait bien
Comme sujet d’discussion dans un dîner mondain
Mais c’est pas une caresse, c’est un poing dans la gueule
Pas un bon r’pas, un Mac Do’ qu’on dégueule
Sade ou Van Gogh voulaient pas faire « jeuli »
Comme les Bérus, y poussaient juste un cri
Avant d'crever, crever
Pour tout linceul, un drapeau noir
J’voudrais crever, crever
J’le r’peindrais en bleu, blanc, rouge
J’aime pas l’noir
Quant j’vois des pauvres incultes, bêtes et bornés
J’suis à deux doigts d’m’inscrire à l’UMP
Arrive Sarko, sa matraque à la main
Et j’me sauve en courant, bordel, l’homme est crétin
Je sais, je sais, je r’ssors tous les poncifs
Céline, Choron ou Nietzsche, pourquoi pas Pif ?
Que j’suis dérisoire en chanteur pas content
Mais l’homme, Dieu, la vie, sont dérisoires également
Autant crever, crever
Pour tout linceul, un drapeau noir
J’voudrais crever, crever
J’le r’peindrais avec une belle croix gammée
Non parce que personnellement j'aime pas beaucoup les croix gammées,
Mais à tous les coups ça fout un grand malaise,
Et ça, les grands malaises, j'aime bien ça
En plus j’emmerde tous ceux qu’aim’ront pas cette chanson
J’emmerde aussi tous ceux qui l’aim’ront
T’es d’accord avec moi ? Tant mieux pour toi
Mais moi j’s’rai jamais, jamais d’accord avec
toi
J’déteste tout le monde et plus j’regarde mon
chien
Plus j’le déteste aussi, je sais, c’est pas humain
Et si j’survis, c’est pour Martin Eden
Parc’que si l’homme c’est vous, là, ça vaut plus la peine
J’voudrais crever, crever
Pour tout linceul, un drapeau noir
J’voudrais crever, crever
J’le r’peindrais en bleu, blanc, rouge
J’aime pas l’noir
Vaquette, Manifeste.
03 novembre 2006
Freud et l'impuissance de la psychanalyse
"Aussi grandes que soient la plasticité de la vie psychique et la possibilité de raviver des états anciens, tout ne peut pas être ranimé. Certaines modifications semblent définitives, correspondent à des formations de cicatrices à la suite de processus achevés. D'autre fois, on a l'impression d'une pétrification générale de la vie psychique ; les processus psychiques qu'on pourrait très bien diriger vers d'autres voies semblent incapables d'abandonner les voies anciennes. Mais peut-être est-ce la même chose simplement envisagée d'un autre point de vue. Beaucoup trop souvent, on croit sentir qu'il manque seulement à la thérapie l'énergie pulsionnelle nécessaire pour imposer le changement. Une certaine dépendance, une certaine composante pulsionnelle est trop forte en comparaison des forces adverses que nous pouvons mobiliser. Il en est ainsi, d'une façon tout à fait générale, pour les psychoses. Nous les comprenons suffisamment pour savoir où il faudrait poser les leviers, mais ils ne pourraient soulever cette charge. Là-dessus se greffe même l'espoir qu'à l'avenir la connaissance des effets hormonaux - vous savez ce que c'est - nous prêtera les moyens de lutter victorieusement contre les facteurs quantitatifs des maladies, mais aujourd'hui nous en sommes bien loin."
Freud, Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse.
Hume et l’espace vierge de l'entendement
"La
conséquence ne semble en rien nécessaire. Du moins faut-il reconnaître
qu’ici l’esprit tire une conséquence ; qu’il fait un certain pas ;
qu’il y a une opération de la pensée et une inférence qui réclament une
explication. Les deux propositions que voici sont loin d’être les mêmes
: j’ai trouvé que tel objet a toujours été accompagné de tel effet et
je prévois que d’autres objets qui, en apparence, sont semblables,
s’accompagneront d’effets semblables. J’accorderai, si vous voulez, que
l’une des propositions peut à bon droit être inférée de l’autre : en
fait, je le sais, elle en est toujours inférée. Mais si vous insistez
sur ce que l’inférence est faite par une chaîne de raisonnement, je
désire que vous produisiez ce raisonnement. La connexion entre ces
propositions n’est pas intuitive. On réclame un moyen terme qui puisse
rendre l’esprit capable de tirer une telle inférence si, en vérité,
elle se tire par raisonnement et argumentation. Quel est ce moyen terme
? Il me faut l’avouer, cela dépasse ma compréhension ; et c’est à ceux
qui en affirment l’existence effective, et que telle est l’origine de
toutes nos conclusions sur les faits, qu’il incombe de le produire.
[...]
Si donc vous affirmez que l’entendement de l’enfant est amené à cette
conclusion par un processus d’argumentation ou de ratiocination, je
peux à bon droit vous réclamer de produire cet argument, et vous n’avez
aucun prétexte pour refuser de satisfaire à une demande aussi juste.
Vous ne pouvez dire que l’argument est abstrus et qu’il peut échapper à
vos recherches, puisque vous avouez qu’il est évident pour la capacité
d’un simple enfant. Si donc vous hésitez un moment ou que, après
réflexion, vous produisez un argument compliqué ou profond, vous
quittez, en quelque sorte, la question et avouez que ce n’est pas le
raisonnement qui nous engage à supposer que le passé ressemble au futur
et à attendre des effets semblables de causes qui sont d’apparences
semblables. C’est la proposition que j’avais l’intention d’établir
solidement dans la présente section. Si j’ai raison, je ne prétends pas
que j’ai fait une découverte considérable. Et si j’ai tort, il me faut
reconnaître qu’en vérité je suis un écolier tout à fait obtus puisque
je ne peux découvrir maintenant un argument qui, semble-t-il, m’était
parfaitement familier longtemps avant que je sorte de mon berceau."
Hume, Enquête sur l'entendement humain.
03 octobre 2006
Fontana, échappée

Lucio Fontana.
