- Brouillon -

Traits et esquisses, couleurs en friche.

17 janvier 2009

* Objet de la philosophie : étudier l'homme en tant qu'Homme en s'adressant à l'homme en tant qu'Homme - il y a plusieurs incarnations de l'espèce humaine, et le philosophe en est une (la politique ne s'adresse pas à l'homme en tant qu'Homme mais en tant que moyenne des hommes).

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* "Volonté" : la coïncidence avec soi-même.

* L'homme du commun ne nous gène pas, il n'est pas aliéné. Simplement, nous ne lui ferons pas de cadeau.

* La "révolte" n'a pas à être un principe, puisqu'il se trouve que c'est une qualification provenant d'une extériorité - ce sont les "autres" qui me disent "révolté". Mais c'est le hasard qui a fait que mon "moi" s'est retrouvé ainsi.

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* Il faut de l'unité - besoin nécessaire et non vérité ou justice.

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* L'amour - ou quelque chose comme ça - prolonge la jeunesse et la longévité en modifiant la configuration des éléments incluant en eux la vie et la mort :
"Depuis une quinzaine d’années, les frontières apparemment infranchissables de la longévité « naturelle » maximale ont commencé à révéler, dans certaines espèces animales, leur extraordinaire degré de plasticité. De manière remarquable, l’augmentation de la longévité, causée aussi bien par des modifications d’un seul gène que par des modifications d’une seule composante de l’environnement extérieur, ne se traduit pas par une augmentation de la durée de la vieillesse, mais par une prolongation de la durée de la jeunesse et de la fécondité" (Ameisen).

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* Ce n'est pas que nous portons une forme en nous, un "Moi", c'est simplement qu'une chose poussée à son paroxysme en vient à se contredire - c'est cela la "liberté", le moment où nous nous contredisons.

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15 janvier 2009

Envie et pouvoir


SOCRATE

J’avais donc raison de dire qu’un homme peut faire dans un État ce qu’il lui plaît sans posséder pour cela un grand pouvoir ni faire ce qu’il veut.

POLOS
Comme si toi-même, Socrate, tu n’aimerais pas mieux avoir la liberté de faire dans l’État ce qui te plairait que d’en être empêché, et comme si, en voyant un homme tuer, dépouiller, mettre aux fers qui il lui plairait, tu ne lui portais pas envie !

SOCRATE
Entends-tu qu’il agirait justement ou injustement ?

POLOS
De quelque manière qu’il agisse, ne serait-il pas enviable dans un cas comme dans l’autre ?

SOCRATE
Ne parle pas ainsi, Polos.

POLOS
Pourquoi donc ?

SOCRATE
Parce qu’il ne faut pas envier les gens qui ne sont pas enviables, non plus que les malheureux, mais les prendre en pitié.

POLOS
Quoi ! Penses-tu que les gens dont je parle soient dans ce cas ?

SOCRATE
Comment n’y seraient-ils pas ?

POLOS
Alors quiconque tue qui il lui plaît, quand il le fait justement, te paraît être malheureux et digne de pitié ?

SOCRATE
Non pas, mais il ne me paraît pas enviable.

POLOS
Ne viens-tu pas de dire qu’il était malheureux ?

SOCRATE
Je l’ai dit en effet, camarade, de celui qui a tué injus­tement, et j’ai ajouté qu’il était digne de pitié. Quant à celui qui tue justement, je dis qu’il ne doit point faire envie.

POLOS
C’est sans doute celui qui meurt injustement qui est digne de pitié et malheureux ?

SOCRATE
Moins que celui qui le tue, Polos, et moins que celui qui meurt justement.

POLOS
Comment cela, Socrate ?

SOCRATE
Le voici : c’est que le plus grand des maux, c’est de commettre l’injustice.

POLOS
Commettre l’injustice, le plus grand des maux ! N’en est-ce pas un plus grand de la subir ?

SOCRATE
Pas du tout.

POLOS
Ainsi toi, tu aimerais mieux subir l’injustice que la commettre ?

SOCRATE
Je ne voudrais ni de l’un ni de l’autre ; mais s’il me fallait absolument commettre l’injustice ou la subir, je préférerais la subir plutôt que de la commettre.

POLOS
Alors toi, tu n’accepterais pas d’être tyran ?

SOCRATE
Non, si tu as de la tyrannie la même idée que moi.

Platon, Gorgias.

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13 janvier 2009

* Sans doute est-il normal que le juste déprécie ce monde ("matériel"), puisque ce monde le blâme et le rejette - en tout cas ne le récompense pas.

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* La lucidité de se rendre compte de ses valeurs. Le courage de les accepter.

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