02 janvier 2007
La bonne année de Nietzsche, Montaigne et Spinoza
Voici une petite animation flash que j'ai faite, en guise de carte de voeux (c'est très sommaire, c'était pour rire au départ) :
http://johannfr.free.fr/dansephilo.swf
* Dans le Gai savoir, Nietzsche fait un petit paragraphe sur le nouvel an :
Pour le nouvel an. — Je vis encore, je pense encore : il faut encore que je vive, car il faut encore que je pense. Sum, ergo cogito : cogito, ergo sum. Aujourd'hui chacun se permet d'exprimer son désir et sa pensée la plus chère : et, moi aussi, je vais dire ce qu'aujourd'hui je souhaite de moi-même et quelle est la pensée que, cette année, j'ai prise à coeur la première, quelle est la pensée qui devra être dorénavant pour moi le fondement, la garantie et la douceur de vivre ! Je veux apprendre toujours davantage à à voir dans la nécessité des choses le beau : — c'est ainsi que je serai de ceux qui embellissent les choses. Amor Fati : que cela soit dorénavant mon amour ! Je ne veux pas faire la guerre au laid. Je ne veux pas accuser, je ne veux même pas accuser les accusateurs. Que regarder ailleurs soit mon unique négation ! Et, somme toute, en un mot : je veux même, désormais, n'être plus qu'un homme qui dit oui !
- C'est pour ça qu'on voit Descartes au début, qui nous expose le cogito (c'est Nietzsche qui cite le cogito en latin, Descartes, lui, l'a toujours dit en français et dans le Discours de la méthode), trouvé après avoir pratiqué le doute. La philosophie de Nietzsche, qui a toujours avoué admirer les français, est "anti-cogito" (éclatement du sujet).
- Descarte dit "grâce à dieu", car avoir découvert le cogito lui permet de connaître la nature de Dieu. Ce que Nietzsche n'apprécie pas, c'est pourquoi il traite Descartes "d'arriéré-mondain" (défenseur d'arrière-monde autre que la vie même selon Nietzsche).
- Il tape au marteau sur Descartes, parce que le sous-titre du Crépuscule des idoles de Nietzsche s'intitule "ou comment philosopher à coups de marteau" (taper sur les idoles pour écouter le son qu'elles renvoient et voir s'il est creux).
- Il se rue sur Descartes en criant "OUI", le signe de ralliement de la philosophie de Nietzsche (dire oui à la vie). Le "OUI-HAAA" est une référence à l'âne dans Zarathoustra, qui semble acquiescer à la vie mais n'a pas compris la teneur de ce "OUi" (et Nietzsche l'oublie de temps en temps aussi, cette teneur :P )
- L'effet spécial ne fait référence à rien, c'était pour éviter un problème technique :P (d'un autre côté, je ne sais pas si Descartes défendait les miracles ou pas - si oui on pourrait voir ça comme une intervention divine ^^).
- Nietzsche part dans la montagne, tout comme le fait Zarathoustra : pour humer l'air pur et dangereux des cimes (y'a aussi le soleil, auquel Nietzsche se réfère dans Zarathoustra). Il ne reste pas dans la chambre dans laquelle s'est enfermé Descartes (dans les Méditations métaphysiques), trop sécurisée pour vraiment philosopher.
- Si Nietzsche boit, c'est parce que Dionysos est le dieu du vin, et que Nietzsche s'en réclame.
- Il appelle Spinoza, dont il prétend parfois qu'il est un de ses précurseurs et parce que Spinoza a été un des premiers athée redoutable et radical. Il fut excommunié de la communauté juive par son propre maître (Morteira) alors qu'il n'avait encore rien écrit. Celle-ci continue toujours de le renier.
- Spinoza traite Nietzsche de "néo-nazi apatride". Nietzsche était apatride (il voulait la nationalité Suisse mais n'a jamais pu l'obtenir). "Néo-nazi", référence à la récupération de Nietzsche par les nazis (et un nazi apatride...).
- Puis il appelle Montaigne, parce qu'il a beaucoup lu celui-ci et qu'il aime son écriture enjouée, signe d'une abondante santé, qui se joue de tous les dogmes. Dès qu'il s'agit d'égayer les esprits, Nietzsche pense à Montaigne.
- Montaigne apporte du vin blanc et du vin rouge, parce qu'il disserte un peu là-dessus dans Les Essais (^^).
- Montaigne aime la volupté dans la philosophie et se réclame, à la fin, d'Apollon (divinité de la mesure). Nietzsche aime la guerre (qui pousse à briser les limites de l'esprit) et Dionysos (divinité de la démesure). Spinoza défend une philosophie de la joie (des affects joyeux) et se réclame de la Nature (qui est Dieu).
- Nietzsche conclue le tout par des chants et des danses, ainsi qu'il le fait dans le dernier paragraphe du Gai savoir : la compréhension n'existe pas, mais on entend toujours la musique d'un discours, c'est pourquoi il faut danser si celle-ci est bonne.
- Ils fêtent le corps et l'âme, car les trois font une place prédominante au corps et à la santé dans leurs philosophies respectives.
Wala, wala (pardonnez les petites erreurs techniques).
(Reprises)
Bisess
Racommoder
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