27 avril 2006
* Ce n'est pas tant de savoir si la majorité a tort ou raison que le fait que l'on ne puisse rien lui reprocher sans essayer de la convaincre qui importe : la majorité ne se prête pas aux sarcasmes.
26 avril 2006
Kishiro et le ressentiment


Gunnm, Yukito Kishiro.
17 avril 2006
Le suicide
Le suicide. Est une chose qui m'interroge depuis la 4ème. Une fois,
j'ai même avalé du mercure. Allez savoir pourquoi, ça n'a rien fait.
Mais je ne suis pas ici pour raconter ma vie.
Je
trouve étrange, voir méprisable, que lorsque l'on cherchait "méthodes
pour se suicider" sur google on tombait, il y a peu, sur une page d'un
médecin expliquant que, non, il ne fallait pas se suicider. Il semble
que ce ne soit plus le cas. Mais on ne trouve rien. Et pour cause, la
diffusion sur internet de méthodes pour se suicider est répréhensible
par la loi, au même titre que la diffusion d'images pédophiles.
Ca
me semble... irrespectueux. Orgueilleux. De quel droit prendre
l'initiative d'expliquer qu'il ne faut pas se suicider ? Que
connaissent-ils des souffrances de ceux qui recherchent comment se
suicider à part des statistiques ? Qu'ai-je à faire qu'un homme qui
avait envie de se suicider ait découvert que, finalement, il n'en avait
pas vraiment envie et que, du coup, il s'arroge le droit de nous
peindre nos souffrances en nous disant qu'elles ne sont rien à côté de
la valeur de la vie ? Je ne suis pas cet homme-là. Je ne le connais
pas. Il n'a pas à me raisonner. Personne n'a le droit de le faire. Il
s'agit de ma vie. Dont il ne connaît strictement rien. Il ne fera que
m'enfermer dans ses cadres de pensée en m'interdisant d'extérioriser ce
que je ressens.
Peut-être que, si des méthodes pour se suicider
sans douleur, avec le moins de traces apparentes sur les corps pour
diminuer le choc de sa découverte par des tiers, étaient autorisées sur
le net, nous aurions un indicateur efficace de l'état de mal-être de la
société. Je suppose que c'est une chose qui doit rester cachée. Pour
bien des gens. Et puis, comme ça, on ne pense pas à changer ce système
qui nous bouffe. Tout-va-bien-on-vous-dit.
C'est vrai que l'on s'en fiche, du système et de ses révélateurs. Mais je tenais à le dire.
Je
ne crois pas en Dieu. Son interdiction de me suicider ne me concerne
pas, puisque je ne reconnais pas son existence. Et même si je
reconnaissais son existence, les autres croyants auraient bien du mal à
m'expliquer pourquoi il aurait permi un tel acte. Et s'il l'a permi,
pourquoi il l'a interdit. La nature de ce Dieu resterait assez
mystérieuse pour que personne ne se risque à parler en son nom.
Le
suicide... Se tuer soi-même. Dans ce que j'en ai lu, sur le net, on
trouve souvent que l'envie de se suicider est engendrée parce que la
somme de souffrances reçue est supérieure à celle des bienfaits reçus.
Bien sûr. C'est une explication possible. La plus répandue même. De
cette formule mathématique débile découle des solutions : augmenter la
dose de bienfaits ou diminuer celle de souffrances (réellement ou bien
psychiquement).
J'ai même lu un article qui parlait d'un médicament
agissant sur l'organisme pour faire revoir "la vie en rose" en agissant
sur les molécules produites lorsque l'on "voit la vie en noir". Bien
sûr, le pourquoi le corps s'est mis à produire ces molécules reste
inconnu. Alors que c'est la chose importante. Il est vrai que ça peut
être efficace dans le cas d'un traitement pour une dépression, ce genre
de choses.
Risque-t-on, si la diffusion de méthodes pour se
suicider pullule sur internet, de se suicider plus facilement ? Je ne
sais pas. Ca ne veut probablement rien dire. Statistiquement, on verra
plus de suicides sans doute. L'envie de se suicider augmentera-t-elle
parmi la population ? Probablement pas. Je ne vois pas pourquoi elle le
ferait, il ne s'agit pas de faire de la publicité pour créer une envie
de se suicider (encore qu'avec ces connards de publicitaires tout est
bon pour faire de la thune). Peut-être y pensera-t-on avec moins de
crainte ou de culpabilité. Et après ? Par ricochet le suicide perdra
son statut de chose effroyable et les choses s'équilibreront forcément.
Nous cesserons de considérer qu'il faut "vivre à tout prix et le plus
longtemps possible" (ce qui est très capitaliste) et la majorité
recherchera peut-être une qualité de vie au dépend d'une quantité de
vie. Car le fait que l'on recherche de vivre le plus longtemps
possible, et pas le mieux possible, provient que l'on croît, ou qu'on
nous fait croire, que la vie est intrinsèquement bonne. Ce qui est
faux. Selon ce qui s'y passe, une vie peut être ou bonne ou mauvaise
pour celui qui la vit. Autoriser le suicide pourrait-il redonner à la
vie une qualité ? Sans doute pas, le capitalisme s'en emparera comme il
l'a toujours fait. Donc il n'y a pas de raison d'interdire le suicide
parce qu'il minerait la société. Il deviendrait une possibilité normale
parmi d'autres. La vie a déjà perdue sa valeur pour n'en avoir qu'une
marchande : il est illusoire de croire que le suicide lui fera plus de
mal. Tout comme il est illusoire de croire qu'il lui en redonnera une.
Mais ne glissons pas sur ce problème.
Le suicide est un acte de
responsabilité. Tout au moins, nous pouvons le défendre ainsi. Le
suicide n'est pas en soi, n'est pas forcément une fuite ou un acte de
désespoir. C'est ce que la plupart de ceux qui l'interdisent prônent.
Ils invoquent pour cela leur expérience personnelle ou les
statistiques. Il est vrai qu'un suicidé a du mal à revenir pour
"expliquer" son geste tout comme il est, par conséquent, impossible
d'avoir des statistiques sur les motivations des suicidés puisque leur
geste reste flou. Ainsi ceux qui interdisent le suicide ont la part
belle : il n'y a que ceux qui ne se sont pas suicidés qui restent et
qui grossissent les rangs des statistiques. Mais quelle légitimité
ont-ils pour interdire un acte qu'ils n'ont pas réalisé, qu'ils ont
manqué ? Aucune. Tout ce dont ils peuvent parler, c'est de l'envie de
se suicider. Pas du suicide. Pas de la mort. Il est vrai que parfois,
une TS révèle une valeur de la vie à celui qui l'a fait. Parfois. Tout
comme un accident auquel on échappe. Mais le suicide n'a rien d'un
accident. On ne peut pas "échapper" à un suicide. On peut simplement le
manquer.
Une autre chose, aussi, c'est de dire que le suicide est en
fait un appel à l'aide, l'expression d'une grande souffrance qui
s'extériorise. Bien sûr, c'est possible. Ce n'est pas la seule chose.
Encore une fois, on ne parle pas de "suicide" ici mais d'une envie de
se suicider, de faire cesser quelque chose. Il faut bien différencier
les deux : le football incarné par Zidane n'est pas la même chose que
le football incarné par Leboeuf. Il y a des tentatives de suicide qui
sont un appel à l'aide, ou une expression de souffrance. Tout comme il
y a des tentatives de suicide qui ne demandent rien à personne. De fait
: on ne peut pas interdire le suicide, puisqu'on ne sait pas ce que
c'est, pas plus que l'on ne peut interdire l'envie de se suicider. Il
faut justement apprendre à différencier les choses en parlant du
suicide et en l'opposant à la souffrance. Il faut une éducation du
suicide et une éducation de la souffrance. Il faut que celui qui
ressent l'envie de se suicider puisse éclaircir cette envie à lui-même,
il faut qu'il puisse la comprendre. Et cette éducation peut se réaliser
à travers le français ou la philosophie. Avec des textes en nuance, qui
ne diabolisent pas le suicide. Que la parole et la pensée puissent se
délier au delà du remord, de la culpabilité ou du cynisme. Car il est
pesant que, dès que l'on dise, parle, lise ou créé des choses un peu
glauques, l'interlocuteur pense, en bon robot, que "l'on a besoin
d'aide". La palme de l'hypocrisie revenant à ceux qui disent qu'il ne
faut pas faire pointer cette idée face à celui qui vous parle de
suicide - comprendre : l'idée de vous venir en aide est bien là, mais
il ne faut pas la montrer ; on cherche à vous changer et on vous
abandonnera lorsque tout "ira bien". Encore une fois, de quel droit
priver quelqu'un de sa vision des choses ? De ses interrogations
auxquelles on croît avoir des réponses à apporter et même, suprême
orgueil, à faire admettre légitimement, parce que l'on est persuadé de
son bon droit ?
Le suicide est un acte de responsabilité. Je ne
dirai pas de liberté, car je ne crois pas à la liberté - mais utilisez
ce terme si vous voulez, c'est un débat sans fin. L'intégrer parmi les
multiples possibilités de la vie me permet d'écarter la sensation que
cette vie m'a été imposée et que je suis obligé de la vivre. Dieu a
privé l'homme du contrôle sur sa vie et ensuite les hommes sont en
train de prendre le relais de Dieu. Savoir que le suicide est possible,
qu'il est réalisable sans être blâmable met en place la pire des peurs
pour les tenants, quels qu'ils soient (parents, état, amis...), du
pouvoir : me donner la possibilité de choisir de vivre. Ecarter
l'impression que je dois vivre à tout prix et me donner la possibilité
d'être responsable devant la vie, voilà la conséquence du suicide.
Responsable en fonction de rien d'autre que ce qui me constitue pour me
donner une force de choix. Si à 18 ans nous sommes considérés comme
majeurs par la loi, les sites proposant des méthodes pour se suicider
devraient comprendre le même avertissement que les sites
pornographiques. Ou, vu la faiblesse de cet avertissement, les
établissements proposant cela devraient, comme les sex-shop, être
autorisés en étant interdits aux moins de 18 ans.
N'entendons-nous rien encore du bruit des fossoyeurs qui ensevelissent Dieu ? Ne
sentons-nous rien encore de la décomposition divine ? - les dieux aussi se
décomposent ! Dieu est mort ! Dieu demeure mort ! Et nous l'avons tué ! Comment
nous consolerons-nous, nous, assassins entre les assassins ? Ce que le monde
possédait jusqu'alors de plus saint et de plus puissant, nos couteaux l'ont
vidés de son sang, - qui nous lavera de ce sang ? Avec quelle eau pourrions-nous
nous purifier ? Quelles cérémonies expiatoires, quels jeux sacrés nous
faudra-t-il inventer ? La grandeur de cet acte n'est-elle pas trop grande pour
nous ? Ne nous faut-il pas devenir nous-mêmes des dieux pour apparaître
seulement dignes de lui ?
Nietzsche, Le gai savoir.
Un projet de blog autour du "suicide" : http://corpussuicide.canalblog.com
16 avril 2006
Le cercle du suicide


10 avril 2006
* Je ne comprends pas, je me familiarise.
Fonctionnement de la Vème République
Comme c'est toujours utile, voici une petite synthèse du fonctionnement de cette République que j'avais faite il y a très longtemps (et qui me sert encore aujourd'hui - comme quoi le lycée finalement... ^^) :

* BLEU : Suffrage Universel Direct (sauf dans le cas du Collège Electoral où il est indirect).
* ROUGE : peut dissoudre (ne concerne pas le Conseil Constitutionnel ici).
* VERT : consultation sur référendum.
* NOIR : discussion sur les lois.
* ORANGE : pouvoir législatif (proposition et vote des lois).
* JAUNE : nomme.
1). Le Président de la République. ( http://www.elysee.fr/ )
* Elu pour cinq ans au suffrage universel direct.
* Le Président de la République a comme pouvoirs propres (sans aucune
intervention extérieure) la nomination du Premier Ministre, le droit de
dissoudre l'Assemblée Nationale, l'organisation d'un référendum
(consultation avec le Premier Ministre), la nomination du Président du
Conseil Constitutionnel et de deux autres membres de ce conseil. Il est
également Chef des Armées (il peut déclarer la guerre ou non) et dans
le cas d'un évènement grave, il est autorisé à mettre en place une
sorte de "dictature temporaire".
* Il est chargé des relations extérieures avec les autres pays où
il représente alors la nation (négociation de traité par exemple),
cependant, dans la pratique, il partage ceci avec le Premier Ministre
et les affaires étrangères.
2). Le Premier Ministre ( http://www.premier-ministre.gouv.fr/fr/ ).
* Nommé pour autant de temps que le Président de la République.
* Il possède comme pouvoirs la nomination ainsi que la révocation
des différents ministres composant le Gouvernement (ministre de la
culture, des affaires étrangères, de l'éducation...). Il cherche à
être présent lors des décisions importantes de ses ministres auxquelles
il peut s'opposer, de même, il coordonne leurs actions et tend à
assurer l'exécution des lois.
3). Les ministres ( http://premier-ministre[...]/composition_gouvernement/ ).
* Nommés par le Président de la République sur présentation du Premier Ministre.
* Leur nombre est variable (supérieur à 20).
* Ils s'occupent chacun de la partie qui leur est propre (éducation,
justice...), nomment les hauts postes de leurs services, peuvent s'opposer à une loi touchant à leurs services proposée par le Président
ou autre, gèrent le budget de leurs services.
4). Conseil Constitutionnel
( http://www.conseil-constitutionnel.fr/ ).
* Au nombre de neuf (trois choisis par le Président, trois par le
Président de l'Assemblée Nationale, et trois par le Président du
Sénat) nommés à vie et renouvelables par tiers tout les trois ans.
* Veille au respect de la constitution lorsqu'il est saisit par
différents organes du gouvernement (lois, décrets...) sauf sur
référendum où il n'a pas le droit de se prononcer. Il se réfère aux
"textes" suivants :
- La constitution de 1958 ( ici ).
- La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 ( ici ).
- Le préambule de la constitution de 1946 ( ici ).
- La charte de l'environnement de 2004 ( ici )
- Les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.
5). Assemblée Nationale
( http://www.assemblee-nationale.fr/ ).
* Elue pour cinq ans au scrutin majoritaire uninominal à deux tours et composée de 577 députés.
* Peut dissoudre le gouvernement, vote, propose et discute les lois
(peut faire durer le temps nécessaire à examiner une loi et limiter
ainsi le nombre de lois proposées par le gouvernement). En cas de
désaccord avec le Sénat, le Gouvernement peut donner raison à l'Assemblée et faire passer la loi.
6). Sénat
( http://www.senat.fr/ ).
* Les membres sont élus au suffrage indirect parmi les membres du
Collège électoral pour 9 ans, renouvelables par tiers (321 sénateurs).
* Il ne peut être dissout et siège lors de la dissolution de
l'Assemblée, il peut bloquer une révision constitutionnelle. Il
discute, vote et propose les lois. Le président du Sénat assure l'intérim du Président de la République.
7). Le collège électoral.
* Il est composé de députés, de conseillers régionaux et généraux et des délégués des conseillers municipaux.
* Son rôle est d'élire les sénateurs.
8 ). Les électeurs.
* Les citoyens de nationalité française ayant au moins 18 ans et s'étant inscrit sur les listes électorales.
* Elisent le Président de la République, les députés de l'Assemblée Nationale et de l'Assemblée Européenne, les élus municipaux
et généraux ; et même si aucun pouvoir n' est spécifié, un désaccord
avec une loi ou autre est déclaré par des grèves ou des manifestations.
9). Exemple de discussion d'une loi.
* Le Gouvernement (le plus souvent, c'est lui qui est à l'origine
d' une loi, celles présentées par le Parlement aboutissent plus
rarement) propose une loi sur la dépénalisation du cannabis par
exemple.
Cette loi est la première à l'ordre du jour au Parlement : au
Sénat ou à l'Assemblée Nationale (c'est ici qu'intervient le
contrôle du temps sur les lois proposées). Ensuite, les deux parts
discutent la loi (navette Sénat/Assemblée et inversement). Ici
interviennent trois possibilités :
- Les deux partis sont contre => rejet.
- Les deux parties sont pour => acceptation et transmission au Président de la République qui signe le texte.
- Désaccord entre le Sénat et l' Assemblée.
Le texte est alors modifié par l'une ou l'autre partie, puis à nouveau examiné :
- Accord => promulgation.
- Désaccord.
* La navette entre le Sénat et l'Assemblée peut être infinie, par
conséquent, la loi ne sera jamais votée. Le gouvernement possède trois
facultés pour faire cesser cette navette :
- Saisir une commission constituée de 7 sénateurs et 7 députés
pour discuter. La rédaction d' un nouveau texte est alors présentée au
deux parties qui n' ont pas le droit de le modifier (ils peuvent
rajouter des amendements avec l'accord du Gouvernement).
- Le Gouvernement peut donner raison à l'Assemblée Nationale
après une commission (pas seulement dans le cas où elle est pour la
loi) et faire passer ou non la dépénalisation du cannabis.
- Le "Vote bloqué", le gouvernement décide de forcer les deux
partis à se prononcer sur l' ensemble ou une partie du texte par un
vote (tout ou rien).
* Le Conseil Constitutionnel, s'il est saisi, peut faire annuler la loi si elle n'est pas conforme aux textes de référence.
09 avril 2006
* Comment pointe le coeur, à travers le "savoir" ?
